ECOSEN, une aure façon de voyager...
     
22.10.2009 04:01:47
Extraits de Presse

Article paru dans Le Monde du 13 Août 2009

Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, tout le monde il fait de l'écotourisme, du tourisme solidaire ou du tourisme durable. Ou presque. Mais le consommateur soucieux de l'environnement doit consulter un dictionnaire des sigles et appellations pour se repérer dans la guirlande de chartes, labels et autres certifications que les professionnels exposent sur leurs vitrines. Comme si chacun voulait être plus vert que vert.

Cette soudaine préoccupation vient d'un constat désormais démontré : le tourisme pollue. Il représente aujourd'hui 5 % des émissions mondiales de CO2 et sa part va croissante.

Pire, les régions qui reçoivent le plus de visiteurs sont les plus menacées à court terme par les changements climatiques provoqués principalement par les transports. En résumé, l'activité touristique scie la branche sur laquelle elle est assise. D'où la multiplication des initiatives visant à limiter les dégâts.

En France, par exemple, l'Association nationale des maires des stations de montagne (ANMSM), a rédigé, en 2007, une "charte nationale en faveur du développement durable". Il était temps. La pratique du ski, si naturelle dans son imaginaire, a été gourmande de béton, d'eau, d'atteinte aux paysages. Longtemps les stations ont fait n'importe quoi, avec la bienveillance de l'Etat.

Or les prévisions météorologiques lèvent des inquiétudes : le réchauffement de la planète va réduire l'enneigement, l'or blanc peut très vite perdre de son éclat économique.

Cette charte en huit plans d'action sur dix ans, vise à "pérenniser les économies locales et à garantir un tourisme durable". Parmi les principales priorités : réduire la place de la voiture en favorisant une offre de transports en commun et "donner la priorité à la consommation d'eau potable" en stockant les eaux de ruissellement pour alimenter ces abominables canons à neige, pompeurs sans vergogne de nappes phréatiques.

Selon Guy Vaxelaire, secrétaire général de l'association, 35 communes sur les 105 adhérentes à l'ANMSM, ont "manifesté le désir de signer ce document" : " Cette charte est une première étape, insiste-t-il. Non pour communiquer mais pour sensibiliser, agir, chercher à corriger le passé".

Comme si ce secteur avait beaucoup à se faire pardonner, 22 stations (d'Europe et de Suisse) ont créé, en 2006, le label Alpine Pearls, qui poursuit grosso modo les mêmes objectifs ; et les domaines skiables de la Compagnie des Alpes s'engagent eux dans une certification qualité, sécurité, environnement (QSE)...

Cette volonté d'inverser les tendances destructrices du tourisme touche tous les secteurs de l'activité : Afag/Afnor vient ainsi de décerner à huit entreprises "l'écolabel européen" : parmi elles un camping dans les Landes, quatre hôtels de la chaîne Best Western et un Club Med, celui d'Opio dans le Var.

Un nouveau sigle vient d'apparaître : ATR (agir pour un tourisme responsable), toujours délivré par Afag/Afnor. Cette initiative revient à une dizaine de voyagistes français spécialisés dans les randonnées. En 2001, ils publiaient déjà une plaquette intitulée "Déserts propres", sorte de charte de bonne conduite à l'adresse de leurs clients, mais qui entendait aussi oeuvrer pour le respect des équipes d'accompagnement employées sur place.

De cette première réflexion est née la volonté de codifier leur démarche en faisant appel à Afag/Afnor. Trois voyagistes ont obtenu cette année la certification ATR : Allibert, Atalante et Chemina. Ils s'engagent notamment à informer et à sensibiliser leur clientèle et à former les équipes locales.

"En résumé rapide, dit Gérard Neveu d'Allibert, nettoyer le désert après notre passage et ne pas nous comporter comme des négriers." A terme, souligne Gérard Neveu, ces engagements augmenteront sensiblement le prix de la prestation : " Mais le client comprendra que ces actions ont un coût", prévient-il.

Ce surcoût, Voyageurs du monde (VdM) a voulu le mettre en place en 2007 : ses clients qui le souhaitaient pouvaient participer à une caisse dite "compensation carbone". L'argent récolté devait alors financer une association de protection de l'environnement. Bilan : "une catastrophe", selon le mot de Jean-François Rial, PDG de VdM.

Conséquence, à partir de septembre 2008, VdM va imposer une petite augmentation à chacun de ses clients, "aux alentours de 10 euros". "Pour les clients de VdM, cette somme est dérisoire. Mais elle nous permettra de mener des actions dans les domaines de la formation de nos réceptifs et de la protection de l'environnement."

Bruno Caussé



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